Fév 13

Optimisme sur commande : 3 règles et 1 méthode !

Learned OptimismL’Optimisme Acquis !

Pour changer un peu de mes dernières lectures plutôt techniques sur le Lean, voici un livre plus axé sur le développement personnel: l’optimisme.

L’auteur, Martin E. P. Seligman, est un des pères de la pensée positive dont le précurseur fut Emile Coué psychologue français du 19ième et début 20ième siècle

Les travaux du psychologue Martin Seligman sont plus récents (fin du 20ieme siècle et début 21ième) et s’appuient sur une démarche scientifique tout à fait au goût du jour.

Martin s’est rendu compte qu’il était possible “d’apprendre” le pessimisme et la dépression à des animaux rats et chiens par des expérience de laboratoire, en les soumettant tout d’abord à des chocs électriques auxquels aucune action de leur part ne permettait de s’y soustraire. Ensuite en changeant l’expérience pour leur permettre de sauter au dessus d’une barrière pour s’y soustraire, il s’est rendu compte que les animaux ne bougeaient pas.

A l’inverse un autre groupe d’animaux à qui on donnait la possibilité d’arrêter les chocs en appuyant sur une pédale ont très vite compris dans la deuxième expérience que même si l’action de la pédale ne marchait plus, il était possible de sauter au dessus de la barrière pour échapper définitivement aux chocs.

Une expérience a été tentée sur des humains (tout du moins du même principe, en proposant des rébus et des énigmes infaisables), et a obtenu le même résultat. A savoir que si l’on apprend à quelqu’un que, quoi qu’il fasse, il n’y a pas de solution au problème posé, son mécanisme de pensée pessimiste reste actif quand la situation change et qu’il y aurait maintenant possibilité d’action.

Apprendre le pessimisme n’est pas forcement quelque chose de très utile sauf à vouloir être dictateur et garder son peuple sous sa coupe !

Donc Martin s’est intéressé à un autre aspect de l’expérience. En effet il s’est aussi rendu compte qu’un certain nombre d’animaux ou d’humains ne cédaient pas au pessimisme quoi qu’il arrive. Autrement dit ils restaient hermétiques au pessimisme et restaient optimistes dans tous les cas.

L’hypothèse de Martin est que les personnes résistantes au pessimisme possèdent un mécanisme d’interprétation des évènements qui est différent et qui leur permet de ne pas sombrer dans le désespoir

Les 3 règles pour rester optimiste

Après avoir interviewé les différentes populations de “résistants” à la déprime et les autres, il a réussi à identifier des traits caractéristiques de leur interprétation des évènements suivant 3 axes:

  •  Permanence
  • Généralisation
  • Personnalisation

Les personnes qui abandonnent facilement ont tendance à croire que les mauvais événements qui leur arrivent ont des causes permanentes, et donc qu’il n’y pas d’échappatoire possible.

A l’inverse les personnes optimistes pensent que les causes des mauvais événements sont seulement temporaires.

Exemple de permanence pessimiste: “Le chef m’en veut.”

Autre explication plus temporelle (et moins pessimiste): “Le chef est de mauvaise humeur aujourd’hui.”

De même les personnes pessimistes ont tendance à généraliser les situations négatives qui leur arrivent.

Exemple de généralisation pessimiste: “J’ai eu une mauvaise note en math, je suis nul.”

Autre explication plus spécifique (moins pessimiste): “J’ai eu une mauvaise note en math, je suis mauvais en math.”

Encore plus spécifique (moins pessimiste): “J’ai eu une mauvaise note en math, je n’avais pas du réviser assez.”

Enfin et c’est peut être un peu moins juste, les personnes qui attribuent les causes des évènements négatifs qui leur arrivent sur les autres ou les circonstances, sont moins sujets au pessimisme.

Le corolaire est aussi vrai, c’est à dire que les personnes qui se rendent responsable des évènements négatifs qui leur arrivent, même sans raison, sont plus pessimistes que les autres.

Ce dernier point contient aussi en son sein la solution pour éviter le pessimisme, il faut changer la façon dont on interprète, dont on s’explique les évènements négatifs.

Il semble que les personnes pessimistes soient plus sujettes aux dépressions que les autres, ce qui parait somme toute logique. Mais le facteur aggravant la pente vers la dépression, est le fait de “ruminer”. C’est à dire de réfléchir en “boucle” à ses problèmes et essayer d’en identifier les causes et cela sans arrêt.

D’après Martin c’est sans doute une des raisons qui fait que les femmes sont plus sujettes aux dépressions que les hommes étant globalement plus axée sur l’introspection que les hommes qui ont à l’inverse l’habitude de noyer leurs problèmes dans l’action et des activités détournant leur pensée des causes de leur déprime.

Pourquoi le pessimisme existe t-il ?

Des études sur de nombreuses années (voir le livre pour les détails) ont montré que les optimistes avaient une meilleure santé et une plus longue espérance de vie que les pessimistes.

Dans ce cas il est permis de se demander pourquoi le pessimisme n’a pas disparu au long de notre évolution ? Une hypothèse est que c’est un trait de caractère qui a été transmis par sélection naturelle. Les animaux ou les premiers hommes pessimistes ont plus facilement survécu que les optimistes. En effet face aux bêtes sauvage ou aux intempéries le pessimiste a une approche beaucoup plus prudente, là où l’optimiste a plus de risque de voir sa vie raccourcie.

Le pessimisme permet aussi voir la réalité telle qu’elle est réellement, et il est préférable que des pessimistes occupent certains métiers (pilote d’avion, directeur de centrale nucléaire, etc…) plutôt que des optimistes !

Donc la question n’est pas de savoir s’il est préférable d’être optimiste ou pessimiste mais de pouvoir choisir son comportement en fonction de la situation en adaptant la façon dont on interprète les évènements.

La méthode ABCDE

Martin propose la méthode ABCDE.

A comme Adversité, représente le fait négatif qui vous arrive.

B comme Belief (croyance), quelle est votre interprétation primaire de l’évènement.

C comme Conséquences, quels sont les sentiments que vous ressentez, conséquence de cette (A) adversité au vu de votre interprétation (B).

D comme Discussion, Distraction, Distanciation. En fonction des sentiments que vous ressentez en (C), s’ils sont négatifs alors que la situation demanderait plutôt de l’optimisme, essayez d’argumenter sur votre croyance ou sur les conséquences pour dédramatiser, de prendre du recul et de mettre les choses dans une perspective plus large. Si enfin vous n’avez pas le temps d’argumenter, vous pouvez aussi utiliser la méthode de la distraction en vous concentrant sur autre chose ou en vous lançant dans une autre activité prenante, le temps de recouvrer votre calme et appliquer les autres méthodes.

E comme Évidence. Une manière encore plus efficace de gagner en objectivité est de trouver des faits, des évidences prouvant l’infondé des croyances et des sentiments.

Martin propose encore d’autres méthodes que je vous laisserai découvrir dans son livre. Le but étant de trouver celles qui vous convient le mieux et de les utiliser comme des outils en fonction des circonstances. Mais n’oubliez pas, comme tout bon artisan, de pratiquer pour monter en expertise pour être prêt le moment voulu en cas de coup dur.

Conclusion

Le livre de Martin est en lui même optimiste puisqu’il vous apprend que vous pouvez modifier votre façon de penser, donc rien n’est perdu si vous êtes un(e) pessimiste invétéré(e). Il y a de l’espoir !

Concernant les aspects négatifs du livre, il y a en premier lieu le plan assez confus où Martin mélange sa biographie, les méthodes. Puis on retrouve différents chapitres centrés pour l’un sur les adultes, pour les autres sur les enfants, sur l’entreprise, sur le sport, etc… et où il y a beaucoup de redites, la base de sa méthode étant la même dans tous les cas. Le livre pourrait être réécrit en moitié moins de pages et garder néanmoins toute sa substance.

En complément lire ou relire les chapitres psychologiques de Personal MBA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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